L’auto-sabotage

Nous réalisons un auto-sabotage quand quelque chose nous fait barrage et que l’on n’arrive pas à atteindre un objectif ou à réussir dans ce qui nous tient à cœur. Il s’agit d’un schéma répétitif que nous réalisons malgré nous. Nous ne nous en rendons pas compte, avons la sensation que les autres avancent, mais de rester bloqués.

Nous ressentons comme un écart entre ce que les gens me renvoient et ce que je perçois de moi, quelqu’un d’atrophié, de limité. Face à la réussite, aux belles surprises de la vie, notre première réaction est de se dire que quelque chose est trop beau et que ça ne va pas durer. Quand on parle d’auto-saboteur, on observe un conflit intérieur. J’ai envie de réussir et d’avancer, mais je ne me donne pas les moyens de réussir.

Par exemple : j’ai un entretien d’embauche très important, je pars en retard de chez moi, j’arrive dans des conditions qui ne me permettent pas de passer cet entretien sereinement. Autre exemple, je suis intéressé par une personne, mais je dis n’importe quoi à chaque fois qu’elle m’adresse la parole, voire, je la rejette. Tous ces ratés, ces « actes manqués », ces « mauvaises rencontres », ces loupés vont nous conforter dans l’image négative de nous-mêmes et endommager notre estime personnelle, nous poussant à renoncer à ces projets qui pourtant nous tiennent à cœur.

Le conflit se situe entre deux parties de notre personnalité : une partie qui veut amorcer un changement, réaliser un projet, exprimer quelque chose d’important, avancer, réussir. Une autre partie (plus inconsciente) qui va faire écran et nous empêcher, nous retenir. Mais en étant « fine », elle ne va nous transmettre le message clair : « Réussir me fait peur, tu vas sortir de ta zone de confort, de ce que tu connais, il vaut mieux rater comme ça tu seras plus tranquille ». En thérapie, nous travaillons avec cette seconde partie de nous-même. Nous pouvons même la qualifier de « gardien.ne » qui au fond veut nous protéger.

Le saboteur/gardien qui nous empêche de réussir peut nous protéger également de la jalousie, de la rivalité, de prendre sa place (trop de place), de se faire abandonner, de soutien avec une loyauté familiale… Il s’agit de trouver sa fonction et ses affiliations dans son histoire personnelle. Car inconsciemment, nous avons tous peur du rejet, et réussir, c’est prendre le risque d’être exclu d’une relation. Un petit conseil serait de se poser la question : si un ami ou un membre de ma famille me rejette parce que je réussis, est-ce vraiment quelqu’un de bon pour moi ? Ai-je réellement besoin d’une telle personne dans mon entourage ?

Pour finir, écoutez cette petite voix à l’intérieur de vous, une fois votre saboteur/gardien un peu « calmé ». Qu’est-ce qu’elle vous raconte d’important ? Vers quoi avez-vous envie d’aller, quelles personnes vous font complètement vibrer, qu’est-ce qui vous rendrait en joie ? Et prenez le risque, un risque avec de la sécurité, c’est possible ! Et assumons notre peur de se tromper, d’être ridicule, d’énerver les autres… assumons de sortir de notre zone de confort.