Vivre des relations harmonieuses, vers une écologie relationnelle …

Beaucoup de gens souffrent dans leurs relations et ce n’est pas un domaine évident pour tout le monde. Entre les conflits de voisinage, les difficultés professionnelles, les tensions familiales, les déceptions amoureuses ou amicales, les disputes, les guerres froides, les attentes non réalisées,… nous sommes mis à rude épreuve dans nos relations.

Nous parlons aujourd’hui d’écologie relationnelle, pour définir comment prendre soin de notre environnement relationnel. Nous avons besoin, les êtres humains, les uns des autres, mais nous sommes parfois fatigués ou agacés d’être pollués par certaines relations. Et comme pour l’écologie, il s’agit de trouver une harmonie, une homéostasie dans nos liens. Ces systèmes sont constamment en dynamique et nous demandent de chercher perpétuellement un équilibre.

Les différents types de relations

Nous avons des relations professionnelles, des voisins, des amis peu intimes et des amis très intimes, des membres de notre famille, proche ou éloigné, un conjoint/une conjointe. Mais aussi, des liens avec des commerçants, des soignants, etc…Commencer par se poser la question : « est ce que cette relation fait parti de mon cercle intime? »

Pour la plupart des gens, il est facile de savoir se positionner entre une relation intime où l’on dévoile des choses personnelles de liens moins proches, avec des amis toujours mais où nous allons faire des activités ou avoir des passes-temps. Nous sommes très différents dans nos fonctionnements, certains vont accueillir très facilement, se livrer, s’intéresser en profondeur à l’autre, d’autres fonctionnements sont sur la réserve, et même après des années de relation, ne partageront toujours pas leur intimité.

Il y a aussi des personnes qui sont en souffrance dans leur relations ?

Oui, il y a des gens très sensibles, qui attendent trop de leurs relations, idéalisent un partenaire et sont déçus ou attendent beaucoup d’un ami ou d’un thérapeute par exemple… A noter qu’à chaque fois que j’attends que l’autre comble un besoin j’ajoute de la pression à la relation et un risque inéluctable de déception. La grande majorité des gens ont des capacités d’écoute et d’empathie limitées. Nous trouvons peu d’oreilles sensibles à nos souffrances et de soutien émotionnel et psychologique. C’est ce qui explique notamment la montée des besoins et de l’offre en soutien thérapeutique en tout genre.

Et l’ère du numérique n’a pas arrangé les choses…

Le manque de partage et de soutien dans nos sociétés occidentales est réel. Ce n’est pas le cas dans les sociétés traditionnelles, où le partage est au coeur des rituels et le lien humain bien plus développé. Les réseaux sociaux ont pu dans certains cas nous mettre en lien avec des amis oubliés ou faire de nouvelles rencontres, mais ont singulièrement perturbé nos espaces relationnels. Dans notre société accrue au numérique, l’échange est vide et creux, et nous multiplions les posts pour remplir mais profondément cela ne nous apporte peu. Ce qui fait l’expérience c’est le ressenti, c’est le fait de vivre à l’intérieur de nous quelque chose, d’être marqué par la présence de l’autre, son odeur, sa voix, ses intonations.

Quelques conseils pour vivre des relations harmonieuses…

Le premier conseil c’est de ne pas se sentir culpabilisé ou en difficulté quand ce n’est pas le cas, car nous cherchons tous une harmonie. Pour certains c’est plus facile que pour d’autres. Il y en a qui se posent peu de questions et d’autres énormément. Il y a des êtres très sensibles et d’autres pas du tout. Toujours en lien avec ce concept d’écologie relationnelle, je propose à mes patients de travailler sur leurs blessures d’attachements (souvent avec leur parents) et de liens afin de trouver l’apaisement, de trouver sa juste place et se sentir bien et apaisé dans leurs relations.

Cela passe souvent par du tri dans les relations : certaines apportent de l’énergie, de la considération, du partage et d’autres nous épuisent. Nous pouvons nous sentir mal considérés, peu respectés, dévalisés… A tout moment nous pouvons et nous devons mettre un stop à ce type de relation. Nous sommes responsables de notre équilibre et de notre harmonie. J’invite également les patients, toujours dans cet esprit de responsabilité de travailler sur leur autonomie émotionnelle. Quels sont les besoins dont j’attends que l’autre me comble : être reconnu, rassuré, stimulé, recevoir de l’empathie ou du soutien, …

Enfin, nous pouvons aussi simplement essayer de réduire l’idéalisation, ramener la relation à ce qu’elle est dans l’ici et maintenant et s’adapter. Il y a des amitiés qui ont besoin de pause pour se retrouver (ou pas), des relations de couples où l’un des partenaires passe par une phase difficile, des relations professionnelles où nous devons apprendre à ne rester que dans le professionnel, sinon cela dysfonctionne. Il y aura toujours un réajustement relationnel et une distanciation émotionnelle de l’autre à accomplir, la vie c’est plein de petits deuils (et de grands) mais à chaque fois, ces épreuves et ces réajustements nous invitent à nous approcher un peu plus profondément de notre âme ou de notre profondeur.

Vivre des relations hamonieuses - Morgane Mérie - Psychologue EMDR - Chambéry