C’est le syndrome du « pour qui tu te prends ? », qui résonne dans notre tête dès que nous sortons de notre zone de confort. Il est lié à un sentiment d’infériorité. C’est un mécanisme plutôt qu’un « syndrome », mais on le connait plutôt sous ce terme.
Il s’agit d’une difficulté à se positionner socialement, d’un problème de place, les imposteurs se sentent illégitimes dans leurs fonctions professionnelles, sociales, familiales (les mères qui doutent d’être de bonnes mères en sont un exemple). Les imposteurs vivent avec un sentiment d’incompétence malgré des performances et des réussites (adéquates selon des critères objectifs), ils ne le voient pas et ne le valident pas.
Les réussites sont attribuées à des facteurs extérieurs à soi (chance, hasard, personne-ressource), alors que les échecs sont considérés comme étant liés à soi (à un manque de capacité ou de compétence). Ce syndrome prend sa source dans un déficit particulier de confiance en soi, un dénigrement de sa personne et génère culpabilité, honte et anxiété.
Les pensées et croyances des imposteurs tournent autour de :
- La peur de tromper son monde (ex : « Ils vont s’apercevoir que je ne suis pas compétente »)
- La peur d’être démasqué, exposé
- De doutes persistants, de ruminations
- De comparaisons permanentes aux autres et si possible des personnes qui réussissent très bien (nous prouvant ainsi qu’on a raison de se sentir inférieur)
Ce syndrome toucherait plus les femmes que les hommes, les hommes ayant davantage tendance à surestimer leurs compétences et les femmes les sous-estimer. Il y a donc un regard sur l’éducation, la société à poser.
La majorité des personnes a connu ou connaîtra ce syndrome ; pour certains, il s’agit d’un passage léger et cela ne les empêchera pas de progresser et d’avancer dans leur vie. Pour d’autres, il va générer des blocages et un retrait des activités sociales et professionnelles. Un renoncement à certains projets (professionnels, de vivre en couple, de faire un enfant) et il nécessite un accompagnement, car il y a une réelle souffrance.
Quelques clés pour cheminer avec ce syndrome
Apprendre à s’aimer
Cette clé paraît banale et pourtant, c’est la plus compliquée à construire. Se choisir, s’accepter comme l’on est, être en lien avec ses besoins et ses limites, s’autoriser à réaliser ses rêves et être convaincu que l’on mérite d’être heureux dans nos réalisations, cela n’est pas acquis.
Intégrer ses réussites
Faire une liste des victoires personnelles, un carnet des progrès. Cet exercice de psychologie positive permet de pouvoir intégrer les réussites et de les mémoriser dans un espace de notre cerveau. Plus cet espace sera utilisé, plus nous aurons de facilité à aller le chercher et à le sentir actif. Noter, lire, voir illustrer, mettre des photos dans ce carnet et le relire quand la confiance en soi baisse.
Rechercher la critique constructive
Les avis des autres sont surtout des projections de leurs propres vécus, limites, de l’envie, de la peur… Les avis objectifs et constructifs sont rares et précieux, choisissez les personnes de confiance et travaillez avec ces retours constructifs. Et mettez des limites aux autres !
Revoir la définition de l’échec
Avec Nelson Mandela : « je ne perds jamais, soit je gagne, soit j’apprends », si nous nous limitions à nos premiers échecs, nous n’aurions pas progressé dans la vie.
Éviter de se comparer
Mais faire de cette personne une source d’inspiration. Transformer un mécanisme qui va nous saper le moral en une réserve d’idées, de comportements, de manières de faire positives et qui fonctionnent, c’est changer de regard sur le monde.
Ne pas sous-estimer nos capacités, c’est reconnaître notre valeur (même si cela nous paraît facile, ça ne l’est pas pour autant pour les autres). Si nous ne nous donnons pas cette valeur, les autres ne nous la donneront pas non plus.
Annexe : apports théoriques/sources
- Le concept de phénomène de l’imposteur, aussi souvent appelé syndrome de l’imposteur, a été introduit en 1978 par les psychologues américaines Pauline Rose Clance et Suzanne Imes.
- En réalité, il s’agit d’un problème même plutôt courant puisqu’on estime que 70% de la population mondiale en fera au moins une fois dans sa vie l’expérience (Journal of Behavioral Science, 2011).
- Un test, l’Échelle de Clance du Phénomène de l’Imposteur, est le plus couramment utilisé pour évaluer ce phénomène.

